La température
Un thermomètre vous indiquera rapidement la température de votre bassin: pourquoi mesurer la température ?
La première raison évidente est liée au métabolisme des kois: ceux-ci sont des animaux à sang froid et la température du corps de ces poissons adopte approximativement la température de l’eau. La consommation d’oxygène, la digestion, la croissance .... bref l’activité des kois augmente avec la température; par contre en hiver, lorsque la température est très basse, les kois se tiennent au fond du bassin, leur métabolisme est au plus bas et il ne faut plus les déranger.
Théoriquement, les carpes peuvent supporter une plage de température limitée de 3° à 35°C pour autant que les autres paramètres de l’eau soient corrects: cependant, la température influence la quantité d’oxygène et, si en été les températures extrêmes n’incommodent pas les kois, le véritable paramètre à prendre en compte est la quantité d’oxygène dissous.
Le second point concernant la température est relatif aux modifications brutales de celle-ci : les kois sont très sensibles aux variations rapides et si vous devez transférer vos poissons dans un autre contenant, assurez-vous que la différence des températures n’excède pas 2 ou 3°C.
Les petits bassins exposés sont souvent une source d’ennuis : les écarts journaliers y sont importants, ce qui a pour conséquences de stresser les kois, les rendant du même coup plus sensibles aux maladies. Ces variations sont difficiles à maîtriser en été, seuls les grands bassins profonds et éventuellement ombragés permettent de réduire ces écarts.
Même si techniquement, il est possible de réguler la température en été, les moyens à mettre en oeuvre sont relativement conséquents: on se préoccupe surtout de l’oxygénation du bassin.
Les variations importantes sont souvent constatées durant le printemps et l’automne, de belles journées ensolleillées et des nuits très fraîches favorisent des écarts importants néfastes. Beaucoup considèrent qu’il n’y a rien à y faire, mais d’autres préfèrent atténuer ces variations de température par chauffage de l’eau.
En procédant de telle sorte, il est facile de maîtriser trois facteurs: d’une part, on réduit l’amplitude des variations quotidiennes en stabilisant la température à une valeur précise, d’autres part, au fil des semaines, en diminuant (ou en augmentant, au printemps) ce point précis, on peut établir une variation saisonnière dont la courbe est stable et régulière et troisième élément intéressant, comme sous nos latitudes l’hiver peut être relativement long, il est aisé de réduire la période durant laquelle la température de l’eau est extrêmement basse.
Cela permet d’éviter l’affaiblissement trop important des kois en ayant toujours la possiblité de les nourrir. Dans ce cas, la température de l’eau devra être supérieure à environ 10°C dans le cas d’une alimentation riche en protéines. Attention aux esturgeons qui doivent, eux, être nourris durant l’hiver !
Faut-il rappeler que le but de cette technique n’est pas de chauffer l’eau de manière inconsidérée, mais bien de réguler les variations. Aussi, on considère qu’un écart maximal de 5°C par quinzaine est indiqué. Pour le bien-être des kois, il faut toutefois prévoir une saison froide; de manière empirique, une période d’environ 6 semaines à une température de 7 ou 8 °C est nécessaire pour éviter des problèmes métaboliques (accumulation d’oeufs).
En cas de traitement médicamenteux, la température à également une importance: en eau chaude, même si la plupart des traitements sont possibles, la concentration d’oxygène déjà plus faible, peut rendre l’opération dangereuse. .. raison pour laquelle il est souvent nécessaire de bien aérer le bassin durant un traitement.
A contrario, certains pathogènes sont plus facilement éliminés par élévation de température. Lorsque l’eau est plus froide, les substances utilisées sont métabolisées plus lentement... voici quelques exemples qui démontrent que la température de l’eau est réellement un paramètre dont il faut tenir compte, d’autant plus que celle-ci, comme vous allez le voir au point suivant, détermine également la toxicité de l’ammonium.