Comment choisir filtre à tambour adapté à vos besoins ?

Parmi les dizaines de marques de filtres à tambour, il est effectivement très difficile de s’y retrouver: raison pour laquelle vous lirez sans doute ces quelques lignes.
Le marché actuel étant saturé de constructeurs et tout autant de revendeurs, il faut reconnaitre que très souvent la désinformation prévaut à une bonne communication de données précises et fiables.
Cette situation génère beaucoup de questions et malheureusement de mauvais achats s’ensuivent car on n’a pas pu trouver les bons tuyaux.
Mais quand on a dépensé plusieurs milliers d’Euros, pour la plupart, il est trop tard !
Voici quelques pistes, et quelques pièges à éviter.

Tout d’abord le prix: ne vous fiez pas au prix car il n’est pas l’indicateur ni de la qualité du produit, ni des capacités du filtre.
Vous pourrez trouver des filtres pas chers de mauvaise ou de qualité moyenne; à l’inverse, un prix affolant n’est pas un gage de sécurité ou de tranquillité.
Le marché étant très agressif, il tend à ce que les prix baissent, mais pour cela, les constructeurs doivent inévitablement trouver des parades ou des astuces: comme toujours - et n’en déplaisent à certains - la qualité à toujours un prix !
Nous reviendrons sur les prix et la manière de les aborder un peu plus loin.

Mode de filtration

Passons aux bases: très majoritairement, les filtres à tambour sont prévus et livrés pour fonctionner en mode gravitaire.
Normal, puisque destinés aux bassins à Koi... mais paradoxalement, la majorité des bassins sont encore réalisés en mode pompage.
Dans ce cas, il faut donc rechercher un filtre spécifique pour mode pompage, ou un filtre qui soit convertible: et là, attention car certains convertibles ne fonctionneront pas bien en pompage.
Soit parce que les capteurs de niveaux risquent d’être bloqués par des algues (ce qui n’arrive pas en mode gravitaire), soit parce qu’il faut “bricoler” pour rendre le filtre utilisable en pompage.
Certains filtres ne disposant que de sorties basses, il faudra réaliser un montage pour maintenir un niveau d’eau constant dans le filtre.
Ce ne sont que de petits exemples mais en pratique, ignorer les détails de cette importance peut faire qu’un jour vous retrouverez votre bassin... vide !

Si le filtre dispose d’un Up Flow (surverse) efficace, cette vidange de bassin ne peut théoriquement pas se produire.
Si le filtre dispose d’un  contrôleur capable de détecter soit un niveau d’eau anormal, soit un cycle de rinçages élevé, il coupera le système évitant ainsi une catastrophe.
En mode gravitaire, c’est l’inverse, on ne risque pas la vidange du bassin par contre, si le filtre devait tomber en panne, il est bon d’avoir une sécurité “manque d’eau” qui coupera l’alimentation du filtre, mais aussi celle de la pompe de circulation ou des UV.
Une lampe UVC de type Amalgam qui se retrouve à l’air libre suite à une vidange partielle de la cuve où elle  est située est détruite en quelques minutes.... un détail qui coûte finalement très cher !
C’est un peu moins vrai pour les pompes: les bonnes pompes actuelles disposent de sécurité manque d’eau autonome, mais si vous possédez une pompe pression type piscine...
Conclusion: même un bon filtre qui présente toutes les qualités peut se révéler dangereux pour le bassin s’il n’est pas équipé de dispositifs de sécurité efficaces et fiables.

La taille

La taille du filtre est l’élément majeur qui pourra vous renseigner sur la capacité du filtre à traiter les déchets de votre bassin.
Plus le filtre est grand, moins il devra procéder à des rinçages, ceci pour un débit précis et connu.
Un bassin à Koi étant généralement filtré en deux heures, il ne suffit pas de choisir un filtre dont le débit annoncé correspond à vos besoins... trop facile !
Les caractéristiques annoncées par les constructeurs sont souvent issues d’essais réalisés en intérieur et les valeurs souvent arrondies à la hausse afin de rendre le matériel plus sexy !
Au mieux, le filtre acceptera le débit annoncé par un vendeur, mais ce dernier omettra de vous dire que le filtre procèdera à un rinçage toutes les 5 minutes...
Un filtre doit normalement procéder à un rinçage 3 à 4 fois par heure maximum durant les mois d’été. Beaucoup moins en automne ou au printemps.
En hiver, le filtre ne rincera qu’une ou deux fois par jour.
Ces chiffres sont une moyenne et varient en fonction de nombreux paramètres que l’on ne peut développer ici dans ce document.

Deuxième piège, la taille du filtre à prendre en compte n’est pas celle de la caisse, mais bien celle du tambour.
Un filtre de 1,20 m peut se révéler finalement plus petit qu’un filtre de 0,80 m d’une autre marque: comme le tamis est l’élément à prendre en considération, il faut comparer la surface de tamis utile, donc celle qui est immergée réellement dans l’eau et qui tamise l’eau du bassin. Ces chiffres sont rarement communiqués et il faut souvent les calculer soi-même.
En ce qui concerne notre magasin: la politique maison est de communiquer les chiffres annoncés par les constructeurs et jamais il ne sera question de les modifier pour quelques raisons que ce soit..
Nous proposons plusieurs gammes de filtres qui sont en concurrence sur le marché, mais qui sont finalement complémentaires.
Un bassin de par sa construction est unique, et à notre avis, aucune marque ne peut prétendre aujourd’hui pouvoir répondre à toutes les particularités.
Raison pour laquelle, il est indispensable de passer une ou deux heures à rassembler toutes les données du bassin et de son réseau, pour définir le ou les modèles de filtres les plus adaptés.
Pour faire court, le bassin en mode pompage d’un pensionné sédentaire nécessite des attentions différentes du bassin de Monsieur je-suis-toujours-parti qui est “collectionneur” et qui possède des sujets de valeur dans son bassin.
Il existe tellement de souhaits et de tempéraments différents que là aussi, il y aurait matière à disserter...
Conclusion: la taille du tambour est un des éléments majeurs pour le choix d’un filtre, mais encore faut-il le déterminer précisément pour le comparer à d’autres modèles: après, cela ne reste qu’un filtre.... êtes-vous certain de pouvoir l’adapter à VOTRE bassin ?

Le tamis et sa membrane

Beaucoup de gens semblent focalisés sur la finesse de filtration de la membrane... En standard on retrouvera la plupart du temps des membranes de 70 microns (63 microns).
Certains constructeurs proposent en série, des membranes de 50 microns.
Dans le domaine du bassin, 50 microns est un maximum.... on peut aller au-delà en aquariophilie ou en bassin intérieur mais ce sont des cas particuliers à étudier.
Parfois certains filtres sont équipés de toiles de 80 ou 125 microns, c’est un peu moins bon, mais pourtant adaptées à certaines situations particulières.
Vouloir acquérir un filtre standard et de le modifier avec une membrane de 40 ou 30 microns est une erreur: autant passer à une autre technique qui le permet (filtre à bande sans fin ou filtre à papier).
Pour le reste, il faut savoir qu’une membrane de filtre est une pièce d’usure: mais relativisons car bien entretenue, cette membrane tiendra la forme une dizaine d’années sans problème.
Conclusion: la finesse de filtration et le débit de filtration sont en étroite relation. Retenez qu’en mode gravitaire (donc, pas en pompage) un bassin filtré en 2 heures minimum, équipé d’un filtre à membrane de 70 microns doit procurer toute satisfaction. On ne verra aucune différence visuelle si ce même bassin était filtré en 1 heure, et j’ajouterais ‘dans bien des cas, ni même en 3 heures”...
Donc si un revendeur vous jure le contraire, c’est qu’il a tout simplement l’ambition de vous céder un filtre (et des pompes...)  beaucoup plus gros qu’il ne le faudrait !
Si vous tombez dans le panneau, il ne reste qu’à espérer que votre réseau de tuyaux soit à la hauteur...

La matière et les matériaux

Différents matériaux sont utilisés pour la construction d’un filtre: des matières synthétiques telles que le polypropylène (PP), le polyéthylène haute densité (HDPE) ou encore l’acier Inox.
Certains composants internes pourront être en PVC, en ABS ou en POM....
Vous trouverez principalement des filtres 100% synthétiques en PP, des filtres composés d’un bâti en PP avec les équipements internes (tambour, goulotte etc) en acier Inox, et des filtres 100% acier Inox.
Sauf exception de petits filtres très compacts (10 m3/h) réalisés dans une caisse en synthétique extrudé (d’une seule pièce), les filtres sont composés d’éléments soudés: que ce soit pour le synthétique ou l’acier Inox.
Certains modèles sont fabriqués en tôles d’acier préalablement pliées qui sont ensuite assemblées par des boulons: cette technique offre dans certains cas, certains avantages...

Le budget consenti peut orienter vers le synthétique ou vers l’acier Inox... mais une chose est certaine, le marché propose maintenant des filtres en PP tout aussi solides et efficaces que des modèles en Inox.

Sur le plan de la pérennité, un filtre en synthétique restera intègre et en parfait état dans son local technique, même après plusieurs dizaines d’années !

Et contrairement à une idée reçue, ce n'est pas forcément le cas de l'acier Inox qui reste sensible à la corrosion: cette corrosion peut être d'origine caverneuse, galvanique, mauvaise passivation etc. Raison pour laquelle, certaines catégories de professionnels préfèrent le synthétique à l'Inox: insensible au sel, à de nombreux produits chimiques, isolant électrique, le PP ne connaît pas les problèmes d'un filtre en métal qui est conducteur,  etc

Le polypropylène est imputrescible, chimiquement inerte et sa durée de vie sont supérieures à l'Inox, au grand désarroi de certains écologistes (mal informés) ... car il est 100% recyclable !
Sur ce plan, car beaucoup parmi vous sont sensibles à cet argument écologique, il faut beaucoup moins d’énergie pour fabriquer un filtre en synthétique qu’un modèle équivalent en acier Inox, donc paradoxalement, le filtre synthétique est plus écologique ! Certains avancent des problèmes de tenue en fonction de la température: et bien, il suffit de consulter la fiche technique de ce matériau pour constater qu’il tient très bien de -20° à + 100°C !

Il est vrai qu’à une température voisine de 30°C le matériau devient un peu plus malléable: de grands panneaux peuvent se laisser aller en contact d’eau tiède, mais cela ne se constate que sur de grands panneaux (> 2 m2) sans renforts, ce qui n’est jamais le cas des filtres à tambours qui sont trop petits pour se déformer et qui, en plus, comportent des renforts...

Quant à l’efficacité, et bien elle ne dépend pas de la matière mais bien des composants, de la sophistication, de la recherche et de l’expérience des constructeurs.

Parlons maintenant de l’acier Inox, ou des aciers Inox....
Contrairement à son nom, l’acier Inox s’oxyde, mais selon le type et la qualité de l’alliage il va se former une couche plus ou moins protectrice sur la matière.
Cette couche “passive” peut néanmoins laisser apparaitre de la rouille si l’usinage n’est pas parfaitement maitrisé: défaut de passivation, contamination avec des outils inadaptés... sont les portes ouvertes à la corrosion.

Le type d’alliage utilisé est un indicateur de la qualité du filtre: acier Inox 304, 316, 316 L ou Ti.... Ces alliages offrent des caractéristiques différentes, le 316 Ti étant le meilleur sur le marché actuel.
Il reste toutefois toujours un risque, même parmi les plus grandes marques: nous avons nous-même été confronté à des dégâts importants sur plusieurs machines et au-delà du délai de garantie légal. Dégâts provoquant une fuite importante d’eau sur une dizaines de cm de soudure située au bas du bâti du filtre...

Cela s’est soldé par une réparation assumée par notre entreprise, et comme le constructeur – réputé – s’est réfugié derrière le délai de garantie, par une cessation de partenariat avec ce soi-disant “très bon et sérieux constructeur”.

Donc, l'Inox "plus solide que le synthétique" ? Absolument pas, dans le domaine du filtre à tambour en tout cas !

Conclusion: mieux vaut acquérir un bon filtre en synthétique, plutôt qu'un mauvais en Inox. Pour vous en convaincre, comparez les prix d'une tôle d'acier Inox et d'une plaque de PP, vous serez surpris de constater que l'Inox est moins cher !

Et si vous optez pour une machine en acier Inox, ne retenez que les marques connues et reconnues qui proposent de solides garanties ! Seuls des experts dans le domaine peuvent proposer des machines solides et fiables ! 

Filtre mécanique seul ou avec filtre bio (Combi)
Les constructeurs proposent souvent des filtres mécaniques (tambour) dans une caisse contenant également un compartiment biologique.
Cela peut s’avérer intéressant dans de nombreux cas et l’on peut relever les avantages et les inconvénients.
Les avantages sont les suivants: surface au sol nécessaire réduite, pas de tracas pour le raccordement tambour >< filtre biologique, généralement un emplacement pour un ou plusieurs UV à immersion est prévu, la finition d’un ensemble Combi est souvent plus réussie qu’une installation mixte....
 
Inconvénient, il n’y a qu’un principalement: le volume biologique est souvent un peu juste, pour ne pas dire trop petit et ce genre de Combi ne s’adresse qu’à des propriétaires de bassin réfléchis, soucieux de la qualité d’eau de leur bassin et donc directement, du bien-être animal. En respectant une densité d’empoissonnement raisonnable (1 Koi adulte pour 2 à 3 m3 d’eau), ces Combis sont parfaits...
Malheureusement, trop souvent, la densité d’empoissonnement est telle qu’il faut redimensionner la taille du filtre bio. 
 
Dans ce cas, deux options: soit on ajoute un second filtre biologique à un Combi et l’on en profite pour installer des medias biologiques différents de ceux installés dans le Combi.
Soit on opte pour un filtre à tambour après lequel on installe un gros filtre biologique séparé.
 
En comparant les nombreux modèles de filtres, on se retrouve finalement face à de nombreuses combinaisons possibles: mais n’est-il pas préférable d’avoir l’embarras du choix plutôt que l’inverse ?
L’entrainement du filtre

Le tambour reposant sur des galets, il est entrainé par un moteur: préférez sur votre machine un bon motoréducteur puissant en prise directe, plutôt qu’un micromoteur et entrainement par courroie ou roue dentée et pignon.
Source de problème à répétition, ces petits moteurs sont à tolérés sur de petits filtres compacts (< 10 m3/h) mais sur de vrais bons filtres, un motoréducteur s’usera beaucoup moins vite.

La pompe de rinçage

Durant la phase de nettoyage, une pompe pression aspire de l’eau dans le filtre, pour la refouler sous pression dans la rampe de rinçage qui comporte les pulvérisateurs.
Cette pompe est proposée la plupart du temps en version immergée: c’est à dire qu’elle est installée dans le compartiment “eau filtrée” du filtre.
Ceci procure plusieurs avantages: placée dans le filtre, elle ne risquera pas de geler, contrairement à une pompe externe et n’émet aucun bruit perceptible.
Les pompes externes sont tout aussi valables, pourvu qu’elles permettent une pression suffisante (> 4,2 b), mais sont plus fragiles en hiver, et émettent beaucoup de bruit.

Niveau sonore

Le choix du filtre peut-être décisif si celui-ci est placé sous caillebotis près de la maison.
En été, le filtre doit normalement effectuer un rinçage toutes les 20 minutes, ceci durant 10 à 15 secondes.
Si le bruit généré par le filtre est important, cela peut provoquer sinon une gêne, parfois des problèmes de voisinage.

Pour donner une idée, un bon filtre, avec pompe pression interne immergée, et protection anti-bruit génère du bruit à un niveau de 50 –55 dB soit l’équivalent d’un très bon lave-vaisselle ou d’une cafetière.
Mais un surpresseur externe génère à lui seul près de 70 dB soit le son émis par un aspirateur ou un rasoir électrique: si en plus, le filtre n’est pas insonorisé, on atteint alors les 75 à 80 dB, soit le bruit émis par une tondeuse ou une sonnerie de téléphone. Si le filtre de votre choix comporte un surpresseur externe, veillez à ce que ce dernier soit de marque connue et d’un niveau sonore le plus faible possible.

Le contrôleur

La régulation commande principalement le fonctionnement du filtre: par l’intermédiaire de capteurs, elle va déclencher le moteur, la pompe de rinçage... au moment voulu.
Au minimum, vous aurez aussi une sécurité manque d’eau ainsi qu’une détection de couvercle ouvert (qui coupe l’ensemble du système si vous soulevez le capot du filtre).
Certains constructeurs proposent bien plus, en série ou en option: facilité pour régler la durée de rotation du tambour, facilité de langage en cas de contrôleur digital, commande externe possible par Smartphone, collecte de données afin de vérifier la fréquence de rinçages etc etc.
Le contrôleur de base est évidemment toujours de série: après, à vous de voir les ‘gadgets” qu’il sera possible d’ajouter en option.

Service

C’est aussi un paramètre important !

Un bon service consiste d’abord à bien vous conseiller avant d’acquérir quoi que ce soit: si possible en magasin, pas devant l’écran d’un PC.
Sur PC, toutes les machines se ressemblent: il faut voir le matériel “en vrai” et si possible devant de nombreux modèles de marques différentes: la seule manière valable de comparer et de se faire une idée du matériel.

Le service continue par l’élaboration du bassin: il ne suffit pas d’un bon filtre.... si le bassin comporte des lacunes, ou si le réseau de tuyaux n’est pas bien pensé, le meilleur filtre du monde sera tout simplement inutile !
Enfin, il faut se dire et oser le dire: un jour, une panne se produira: une machine qui comporte des pièces mobiles finit tôt ou tard par tomber en panne.
C’est rarement grave, et c’est d’ailleurs souvent prévisible... le service après-vente efficace de votre meilleur revendeur fera en sorte de vous faire oublier très vite cet incident !


Haut