Détection des maladies des Koi

Dans la mesure où vos Koi évoluent dans une eau de qualité, la cohabitation avec des pathogènes naturellement présents dans le bassin se passe bien et ne pose pas problème. On peut effectivement trouver des parasites ou des bactéries pathogènes dans l’eau de n’importe quel étang sain, sans que cela n’affecte la santé des pensionnaires.

Mais lorsque des conditions ou évènements particuliers génèrent du stress, la résistance à la maladie peut soudainement décroître et la maladie se déclarer. La plupart du temps, le propriétaire du bassin réagit lorsque les effets de la maladie sont nets et visibles, il est cependant parfois trop tard… Nous allons tenter ici de donner des pistes pour agir plus rapidement et anticiper ces problèmes.

Le but étant d’acquérir de bons réflexes et de pouvoir en quelques minutes, évaluer si le bassin fonctionne correctement et si chaque pensionnaire est en forme. Retenez que chaque maladie présente des symptômes différents du début jusqu’au au stade terminal. Il n’est pas question ici de développer et définir les symptômes de toutes les maladies éventuelles et d’en donner les remèdes : il s’agit simplement d’acquérir les bons réflexes à acquérir pour minimiser les complications en cas de problèmes. Une maladie soignée lorsqu’elle apparaît est plus facile à traiter, qu’ultérieurement…

Une prévention commence par une bonne observation.
Idéalement, il est conseillé d’observer une fois par jour le bassin et chacun de ses pensionnaires en détail, notamment les points suivants, mais commençons par le bassin.

L’apparence de l’eau du bassin semble-elle normale ?

De l’eau légèrement verdâtre est bénéfique à la santé des Koi : un bassin à Koi est normalement équipé de lampes UVC dont la puissance suffit à obtenir de l’eau parfaitement limpide. Et dans ce cas, il faut prévoir une zone ombragée. De l’eau légèrement verdâtre, est bénéfique aux poissons, mais ne révèle pas totalement l’éclat des couleurs des Koi : chacun doit choisir entre de l’eau parfaitement cristalline, ou de laisser un peu d’algues dans le bassin…

Par contre, de l’eau trouble, laiteuse, verte ou boueuse est à bannir. Ceci est le signe d’une défaillance de la filtration et une adaptation est nécessaire. Certains « puristes » adeptes de Koi Show, il est vrai, laissent évoluer leurs pensionnaires dans de l’eau boueuse, ceci pour faire « comme au Japon »… D’abord, l’eau boueuse procure un sentiment de sécurité aux poissons, ils ne stressent donc pas, ensuite, certains oligo-éléments ou autres substances sont présentes dans l’eau et contribuent ainsi à une bonne croissance…

Certes, mais ceci est une technique d’élevage et de grossissement particulière : on constate d’ailleurs la très faible densité d’empoissonnement des mud pond japonais… Le bassin à Koi d’un particulier lambda n’est pas un mud pond, d’ailleurs on peut noter que beaucoup de bassin de grossissement au japon sont en béton, qu’ils sont filtrés, et qu’il est impératif de garder de l’eau bien claire afin de permettre l’observation des Koi.

Le taux de renouvellement d’eau de ces bassins est énorme : de l’eau prétraitée et puisée dans une rivière ou un puits alimente ces bassins en continu… Renouvellement d’eau de 10 jusqu’à 30 % par jour, ceci pour bénéficier de l’apport de calories par l’eau plus chaude prélevée dans les nappes d’eau tempérées du Japon.
Et lorsque cela n’est pas le cas, l’eau y est chauffée à 24 – 25 °, la température idéale de maintenance et de croissance. Rien à voir avec un bassin d’ornement !
Une eau trouble perturbe l'appréciation ou l'observation des Koi et elle ne convient donc pas pour la majorité des détenteurs de bassin ou d’étang.

N’oublions pas de remarquer qu’une eau claire n’est pas synonyme d’une eau de qualité : encore faut-il qu’elle soit aux normes des paramètres recommandés et la plus chaude possible. Cette parenthèse étant fermée, revenons à nos soucis !

Lors de la distribution de nourriture, est-ce que chaque Koi mange normalement ?

Si vous constatez une baisse générale de l’appétit, quelques paramètres physico-chimiques de l’eau peuvent tout simplement en être la cause comme la température ou la concentration d’oxygène. Dans ce cas, le manque d’appétit est normal, dans le cas contraire, il faut continuer d’investiguer.

Les Koi vivent la plupart du temps en groupe, et un sujet isolé doit attirer votre attention. Un Koi nageant peu et isolé du groupe refusant la nourriture est souvent le signe d’un problème. Dans ce cas, il est intéressant de voir comment il évolue.

Nage-t-il en surface ou au fond du bassin ?

Est-il positionné au fond, là où il y a peu de courant, ou au contraire près des tuyaux de refoulement ?
En surface, est-il près d’une cascade ou immobile en surface au milieu du bassin ?

A ce stade, si vous constatez que plusieurs Koi montrent des signes suspects, le premier réflexe à avoir est toujours de contrôler les paramètres de l’eau. Les paramètres intéressants à contrôler d’abord sont relatifs aux toxiques tels que ammoniac, nitrites. Par contre, si vous constatez qu’un ou plusieurs spécimens, mais grands par leur taille, sont en cause, il est bon de vérifier la concentration d’oxygène.

Si un Koi reste en permanence près du retour d’eau ou près d’une cascade, il est possible qu’il développe une parasitose… Idem s’il repose immobile au fond du bassin.
Un ou plusieurs Koi qui se frottent au fond du bassin n’est pas forcément dramatique et dans un premier temps, il est plutôt conseiller d’attendre avant de sortir le parfait attirail de pêche. Il est fréquent qu’un poisson agisse de telle manière, ou qu’il saute à la surface de l’eau,  et l’on ne s’inquiétera que si ces frottements sont vigoureux et durables. Chacun doit se fixer une limite au-delà de laquelle il sera utile de procéder à un examen plus approfondi. Mais il n’est pas inhumain de patienter quelques jours avant de suspecter une parasitose !

Un manque d’équilibre, une nage dérivante peut-être le signe d’un problème interne, ou de la maladie du sommeil… Si le poisson ne se tient pas horizontalement et qu’il nage en biais, il a peut-être un problème de vessie natatoire…

Quelle est l’apparence de son corps ?
Le mucus

Si le poisson montre des signes d’une production importante de mucus, il faut se poser question.
En effet, normalement, le Koi sécrète en permanence du mucus qui est une substance visqueuse recouvrant et protégeant le corps du poisson. C’est une véritable barrière de protection contre les parasites, les bactéries…. Mais si le Koi produit plus de mucus, un voile blanchâtre ou grisâtre apparait et cela peut être le signe d’une parasitose ou de stress.
Une mycose telle que Saprolegnia se reconnait aux taches blanches pelucheuses sur le corps : cette affection souvent qualifiée de secondaire apparaît suite à une cause première telle qu’une infection bactérienne.
Dans un stade ultime d’une parasitose, on peut retrouver Chilodonella qui provoque une production excessive de mucus, la peau devenant laiteuse.

Les écailles

Le détachement d'une ou plusieurs écailles causé par un choc ou des frottements peut parfois entraîner une infection qui peut prendre mauvaise tournure : si vous voyez qu’il manque une écaille, il n’est pas indispensable d’agir immédiatement. Mais si une évolution n’est pas visible les jours qui suivent, mieux vaut appliquer un pansement préventif.
Des écailles hérissées peuvent être le signe d’une infection qui doit être soignée immédiatement : si ce symptôme est accompagné d’un gonflement du corps, on a plutôt affaire à une hydropisie qui est à traiter sans délai  à l’eau salée.

Les nageoires

Les nageoires sont-elles intègres, parfaitement mobiles et déployées ? Un Koi en pleine forme a toujours ses nageoires pectorales déployées, dans le cas contraire, elles sont serrées contre le corps.
La pourriture des nageoires est facilement reconnaissable, les nageoires s’effilochent et se dissolvent : elle apparait en raison de bactéries et d’une faible condition faible du poisson.

Les branchies

Les branchies : le poisson respire-t-il normalement, ou rapidement ? Si les branchies restent ouvertes, de quelle couleur sont-elles ? Des branchies saines ont une couleur rouge. Si le Koi respire mal, l’origine est multiple : manque d’oxygène, pH de l’eau à une valeur incorrecte, ou un parasite comme par exemple Trichodina qui se retrouve sur les branchies et le corps des poissons. Un examen au microscope est indispensable pour le savoir.

Les yeux

Observez les yeux de vos poissons : sont-ils de couleur normale, ni enfoncés, ni exorbités ?
Les branchies : le poisson respire-t-il normalement, ou rapidement ? Si les branchies restent ouvertes, de quelle couleur sont-elles ? Des branchies saines ont une couleur rouge.

Le corps et la peau

Une zone grisâtre ou comportant des filaments est souvent précurseur d’une mycose, dans ce cas, il est prudent d’examiner le poisson de plus près.
Une zone rougeâtre est aussi à prendre en considération : une infection bactérienne traitée rapidement conduit la plupart du temps à une issue heureuse…
Si vous percevez de petits points blancs sur la peau, un parasite nommé ichthyophthirius en est très certainement la cause et il faut traiter le bassin avec un produit adapté.
Plus grave, si vous constatez de petits trous sur le corps d’un Koi, il s’agit sans doute d’une infection bactérienne. L’apparition de cette maladie des est due à une faible résistance du poisson qui peut être associée à une qualité d’eau médiocre. Il a suffi d’une déficience pour que les bactéries en surnombre pénètrent le corps du Koi blessé ou mal protégé par un mucus peu épais.

Que faire en cas de parasitose ?

Il est indispensable de procéder à l'observation microscopique d’une lame de mucus. Il sera possible ainsi d’identifier le parasite et d’évaluer s’il est peu présent ou s’il présente un danger. Dans tous les cas, l’examen au microscope est la seule possibilité d’identifier le parasite à coup sûr ce qui permet d’opter pour un produit de soin adéquat.


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